Histoiredes gouvernances partagées

Le terme gouvernance partagée recouvre un ensemble de pratiques multiples et variées. Voici quelques éléments pour vous permettre de comprendre de quoi nous parlons.

Le terme gouvernance partagée a été popularisé par l’Université Du Nous (UDN) autour de 2010, et repris par plusieurs acteurs œuvrant dans des contextes identiques. Pour autant, on peut faire remonter les bases de la gouvernance partagée à près d’un siècle.

La sociocratie

Si le terme sociocratie a été inventé par Auguste Comte au 19ème siècle, il a fallu attendre les années 30 pour que le hollandais Kees Boeke l’utilise pour nommer un certain nombre de pratiques concrètes, comme par exemple la prise de décision par consentement.
C’est finalement en 1970 que l’un de ses élève, Gerard Endenburg, formule les règles de base de la sociocratie moderne, que l’on retrouve toujours pratiquées dans la gouvernance cellulaire:

  • Une structure en cercles imbriqués
  • Des prises de décision collectives qui s’assurent que chacun peut composer avec les choix du groupe, tout en s’assurant que chacun se soit exprimé.
  • Des rôles structurels pour tenir le cadre défini collectivement.
  • Un système d’élection, sans candidat·e·s, qui s’assure que les personnes nommées aux postes clés le sont pour les bonnes raisons.

L’objectif de cette approche est de fonctionner dans un mode plus respectueux des individus, de la parole de chacun et surtout de mettre en place un système évitant les abus de pouvoir.

> Découvrez la dernière mouture de la Sociocratie.

Les gouvernances constitutionnelles

C’est au début du 21ᵉ siècle que l’on voit apparaître une petite révolution, avec un élément amené par l’Holacracy : une constitution.

La constitution est, comme en démocratie, l’ensemble des règles qui régit le fonctionnement du groupe, ainsi que son évolution. Dans un pays, la constitution définit les institutions et les moyens d’agir sur les lois, et dans une organisation en gouvernance partagée la constitution définit les différents espaces de réunions, ce qu’on y traite et comment on le traite. De la même manière, elle définit également les moyens d’agir sur ce fonctionnement pour le faire évoluer.

Voir la constitution Gouvernance Cellulaire

D’une façon ou d’une autre, tout collectif finit un jour par mettre par écrit ses règles de fonctionnement internes. Les approches constitutionnelles se démarquent en faisant de ce document la base d’un fonctionnement équitable, transparent et questionnable.

> Découvrez l’Holacracy, l’ancêtre des gouvernances constitutionnelles

L’entreprise ‘libérée’ et les nouvelles façons de faire

En 2012, Frédéric Laloux marque les esprits avec son livre « Reinventing Organizations », pendant qu’au même moment de nombreux auteurs s’attellent à ce même travail de cartographie des alternatives, avec moins de succès.

La “souffrance” au travail est un thème majeur de ce début de 21ème siècle, et les alternatives de management qui semblent fonctionner suscitent intérêt et enthousiasme. Elles sont souvent le fait de leaders inspirés. Frédéric Laloux met en avant les points communs qui les connectent :

  • L’intégralité (wholeness en anglais), qui illustre la façon dont chacun est invité à contribuer avec tout ce qu’il est.
  • La raison d’être évolutive, qui cherche à donner et maintenir un sens à son activité

> Découvrez la présentation inspirante de Frédéric Laloux, au moment de la sortie de son ouvrage

La gouvernance cellulaire

 

C’est en s’appuyant sur les meilleurs aspects de ces différentes approches et sur des méthodes humanistes comme l’élément humain, qu’en 2018, Jean-Luc Christin pose les bases de la Gouvernance Cellulaire. A partir de 2020, il compose l’évolution de cette approche avec un collectif de bénévoles composés de professionnels de l’accompagnement, de formateurs et d’experts de la gouvernance partagée.